…le geste nu, 20

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Cronaca di un amore, Michelangelo Antonioni, 1950

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…la ligne nue, 3

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Giacinto Scelsi

 

 

 

 

 

 

 »

Nulle voix

ou trace de regard

nulle mesure

là-haut

où rit l’abîme

 

L’ombre des mouvantes

vanités fugitives

secrètement se brise

et fane

 

Là-haut

où règne insaisissable

la translucide limite

du sauvage

espoir

.

 »

Giacinto Scelsi, Sommet du feu

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Tasya Van Ree

 

 

 

…la ligne nue, 2

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Alejandro Cesarco, Exhibition view. Courtesy of The Renaissance Society

« L’essentiel ce n’est pas que tel homme s’exprime et tel autre entende, mais que, personne en particulier ne parlant et personne en particulier n’écoutant, il y ait cependant de la parole et comme une promesse indéfinie de communiquer, garantie par la va-et-vient incessant de mots solitaires

.

 »

Maurice Blanchot

 

Alejandro Cesarco Words Like Love: Alphaville, First Scenes, 2017

(Installation, 14-by-48-foot billboard Jackson Avenue at the intersection of Queens Plaza in Long Island City)

 

la ligne nue, 1

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Denis Roche. 27 juillet 1978. Uxmal. Mexique

« Le photographe n’aura retenu qu’une seconde de tout ce qui se sera passé sous ses yeux. Rien de comparable n’existe dans un autre domaine de la création. Cela provoque la peur – une vie de créateur ramassée en une seconde – et en même temps ne suscite aucun sentiment de frustration. Photographier, c’est traquer, obstinément. La création est cette recherche obstinée : atteindre une seule fois ce dont on s’approche sans arrêt : la beauté. Juste avant la prise photographique c’est le temps qui règne, et juste après, c’est la beauté

.

 »

Denis Roche, les temps du photographe. Entretien réalisé par Pascale Mignon et Marina Stéphanoff (Erès 2006), découvert dans La montée des circonstances (Delpire éditeur)

 

…jour, 162

Daniel Boudinet

(…) Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays
où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule
et les premiers frissons de l’aube.
Il y a toi.
Un air de piano, un éclat de voix.
Une porte claque. Une horloge.
Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.(…) »
Les espaces du sommeil, Robert Desnos

 

…le geste nu, 19

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© Jean-François Bory, Piano solo, 1972

« …toute clarté projette une ombre…

Snorri joue presque quotidiennement à l’harmonium du Bach, du Mozart, du Chopin, mais aussi parfois des mélodies dissonantes, nées de la douleur et de la culpabilité. La musique n’a pas son pareil. Elle est la pluie qui arrose le désert, le soleil radieux qui illumine les coeurs, elle est la nuit qui console. »

Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson

 

…jour, 145

(a.elieva, l’ombre montre la lumière)

« …et le front contre la nuit »

René Char, 19.02.1988

ce jour-là, j’ai reçu par la Poste l’un des plus touchants et douloureux cadeaux : une composition pour piano en ré mineur vibrant d’amour impossible. C’est le silence dont je m’entourais qui aura encore une fois répondu. Obstinément, le front contre la nuit, la ténacité aussi grande que le désespoir. Des années plus tard  je finirai bien par comprendre. Un jour, nous nous retournerons tu verras, nous ne plisserons pas les yeux, nous n’aurons aucune peur, tempo molto tranquille.