…la ligne nue, 16

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© Robert Doisneau, cité Le Potager Bondy (93)

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Tu vois. Je continue de tirer le fil d’un texte à l’autre. Ni ma voix, ni la tienne, ni la leur. La légitimité des invisibles. Ne pas savoir où se trouverait ta place reconnue. Ni d’ici ni d’ailleurs, loi de l’exil. Abandonné là, illégitime et survivant. Toutes ces empathies qui cohabitent dans mon corps sans trouver le calme ni la sortie. L’expiation. Porter la charge. Je vois les mots se former, apparaître, disparaître, il y a des pensées qui se construisent d’autres naissent du trop plein. Il faudrait de la technique sûrement. Du contrôle. Comme il faudrait du contrôle dans la vie, du réseau, voilà réseauter en costume rayé ou talons de 12 et vernis rouge.

Éboulis, ce que tu parviens à faire émerger des décombres, malgré tout, malgré les hyènes, malgré ce qui aurait dû ne jamais être. Malgré notre obsolescence programmée. Celle que les politiques et les bourgeois appellent de leurs vœux. Bons pour la casse, la main d’œuvre, la chair des enchères. Que l’on disparaisse une bonne fois pour toute maintenant qu’ils se sont bien servis de nous

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Éboulis, Agathe Elieva (edition Le Zaporogue)