…la ligne nue, 8

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©Agathe Elieva, rue Vaillant 93

« …

S’il existait déjà depuis plus d’un siècle des objets fractals – sans toutefois qu’ils portent ce nom – ils n’avaient été créés qu’en tant qu’anomalies ou contre-exemples afin de prouver la non-équivalence de certaines notions*… »

dire qu’il en serait de même d’un territoire géographique, une topologie sensible, certains lieux délaissés par l’arbitraire de quelques-uns, il n’y a qu’un pas. Regarde : je fais un pas. A force de faire balader, on se promène. On serait comme le monstre mathématique, que l’on évoque à mot couvert avant de le domestiquer, avant d’en faire sa terre fertile, son épouvantail politique.

* Larousse, encyclopédie

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©Agathe Elieva, Bagnolet 93

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…la racine nue, 20

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(Montfermeil, 2012, Démolition des Bosquets 3, source tumblr en cliquant sur la photo)

« 

Ici c’est l’ennui et l’œuf que tu fais éclater sur la voiture de ton voisin. Une barre devant toi, une à droite, tu es celle de gauche. Fenêtre coulissante, tu t’élances dans le vide pour surveiller les allées et venues, forcer ton rire, caler ton appétit, vriller les oreilles de l’entourage et gueuler à qui voudrait bien l’entendre les rêves qui t’animent.

Mais il n’y a rien. Rien ne te répond. Sauf la baston, la poursuite, l’humiliation que tu ne vois même plus, le mépris bien pensant, un schéma écrit bien avant toi, le triste piège et la menotte absente qui ne tiendra pas ta main brûlante. Tu brises l’avorton d’amour que tu ne pourrais porter – supporter le cynisme passe encore, la tendresse impossible. Et moi, impuissante, je rage et fantasme, je les livrerais là, sur le parking, en pâture, pantins de l’inévitable, bâtiment 3 où l’égalité des chances n’existe pas, les abandonnerai comme ils t’ont ignoré paresseux et lâches pendant tout ce temps.
 
Je suis comme toi, frère. Fracture, incompréhension et colère. Je nage dans un océan de microbes et de pourritures sans savoir trouver la rive où m’accrocher.

 

. »

éboulis, work in progress, Agathe Elieva