…jour, 154

Cité des Bosquets

© Agathe Elieva, cité des Bosquets mars 17

…/… » Éboulis lorsque l’architecture se détruit. Éboulis. Gros tas de caillasses qui nous servirait à reprendre le pouvoir.  Éboulis lorsque le cœur tombe fracassé parce que la main que je t’ai tendue, tu ne l’as jamais prise » …/…

 

La nouvelle Éboulis de Agathe Elieva est parue dans la revue #18 Le Zaporogue de Seb Doubinsky

(Téléchargeable gratuitement ou bien en version papier)

Joie.

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Agathe Elieva, la passerelle 01.18

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…la lettre nue, 37

Sergio Larraín por Jean Mouniq. Londres 1959

Sergio Larraín por Jean Mouniq. Londres 1959

« …Mon cher Henri,

J’ai été très heureux de recevoir ta lettre. (…)

J’ai entrepris l’immense projet de faire une histoire sur un sujet qui me tient à coeur, en lui consacrant toute mon énergie, sans compter le temps passé (ni l’argent). J’ai travaillé deux ans à Valparaiso – un grand port misérable et magnifique. Le résultat est une collection de photographies très fortes. Une ville un peu sordide et romantique. (…) Les gens ont été impressionnés mais personne n’a souhaité le publier.

(…) J’essaie de ne travailler que sur ce qui importe pour moi. C’est pour moi la seule solution pour rester en vie photographiquement, et je prends le temps qu’il faudra pour le faire, le temps que je veux y consacrer et avec le rythme lent qui me convient. (…)

Je crois que la pression du monde journalistique – être prêt à sauter sur n’importe quelle histoire, tout le temps – détruit mon amour et ma concentration pour le travail.(…)

Sergio »

lettre de Sergio Larrain adressée à Henri Cartier-Bresson, 28 avril 1965Valparaiso, (éditions Xavier Barral)

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Sergio Larrain, Valparaiso

jour, 151

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Monir Shahroudy Farmanfarmaian, منیر شاهرودی فرمانفرمائیان

Nous vous souhaitons un 18 lumineux autant qu’il sera possible, nourri d’amour et de curiosité. Il ne s’agira pas de baisser les bras mais de les ouvrir encore plus grands. Il s’agira de sourire encore, car au fond de nous, il y a toujours quelque chose qui nous pousse à sourire. Regard de face, bras ouverts, cœur vibrant. Voilà. Et le pas déterminé sur nos routes.

le jour dénudé,

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…jour, 150

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Sasa Gyoker, 2016

« Ce n’est pas le matin, ce n’est pas le soir. C’est entre matin et soir. Un peu de matin, un peu de soir. De la corde, je ne vois que le balbutiement du linge. La main seule, et suspendue. Elle se balance avec les terrasses et leur chaux. Je vais sentir peut-être l’odeur de la main car elle est proche de celle de la chaux et sentir derrière elle, celle qui ne dort pas dans un lit. Rien qu’une main. Je verse du thé et la main tendue tend le verre pour que les doigts touchent les doigts. La bague se noue à mes lèvres. Et je manque de m’asseoir dans le silence. Pourquoi la main, la bague, le verre ? Un chemin de la main à la main. Incident entre main et main. La main a abandonné la lune hors de la chambre. Moi je sens l’odeur du henné. Une branche fond dans ma voix. Un peu de main dans ma bouche ou sa bouche. Je livre la main pour qu’elle soit plus haute que ma poitrine. Le thé brûle. Le henné, la chaux. Ma tête paisible sur terre. Je passe la main sur la main. La main sans livre parce qu’elle est main dans la main. Et la langue sur la peau. Elle tête pour ne pas dormir. Un peu de henné, un peu de gémissement. La main qui tendait le verre ne l’a pas encore rendu. Jeu passionnant. Le verre. Quand je me suis étendu par terre, j’ai saisi une main et le verre est parti en flammes. Ma main sur la peau. Silence, langue, relâchement des organes. La poitrine se penche sans avoir l’air de se pencher. Un arbre tourne autour de moi. Piliers de marbre et nous sur une natte. Peau brune qui se dénude. Demi-sommeil entre deux cités. Appel d’en bas. Intense soulèvement. De la terre jusqu’à la terre. Nul objet n’abandonne l’objet. Deux ravages. Ils s’ouvrent dans la tempête des choses. Se laissent, se rencontrent. Dans tous les sens. Rôle que j’avais oublié. Sur ma main ou sur la sienne. Violences vos déchirures. Perte des organes. Entre un peu de matin, un peu de soir. Le verre vole en éclats. Hurlement. Maître du silence et maître du vide. »

Pour toi, Mohammed Bennis

© Dâr Toubkal lil-nashr trad. Bernard Noël, © éditions Al-Manar
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dazed, Thobias Malmberg

…la lumière nue, 30

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Entre ciel et terre, Jon Kalman Stefansson ©A.Elieva

« Les montagnes en surplomb dominent la vie, la mort ainsi que ces maisons blotties sur la langue de terre. Nous vivons au fond d’une cuvette : le jour s’écoule, le soir se pose; elle s’emplit lentement de ténèbres, puis les étoiles s’allument au-dessus de nos têtes où elles scintillent éternellement, comme porteuses d’un message urgent, mais lequel et de qui ? Que veulent-elles de nous et peut-être surtout : que voulons-nous d’elle ?

Peu de vestiges évoquent à présent en nous la lumière. Nous sommes nettement plus proches de ténèbres, nous ne sommes pour ainsi dire que ténèbres, tout ce qui nous reste, ce sont les souvenirs et aussi l’espoir qui s’est pourtant affadi, qui continue de pâlir et ressemblera bientôt à une étoile éteinte, à un bloc de roche lugubre. Pourtant, nous savons quelques petits riens à propos de la mort : nous avons parcouru tout ce chemin pour te ravir et remuer le destin. (…)

Contentons-nous de cela pour l’instant, nous t’envoyons ces mots, ces brigades de sauveteurs désemparés et éparses. Elles sont incertaines de leur rôle, toutes les boussoles sont hors d’usage, les cartes de géographie déchirées et obsolètes, mais réserve-leur tout de même bon accueil. Ensuite, nous verrons bien

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Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson

…le geste nu, 19

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© Jean-François Bory, Piano solo, 1972

« …toute clarté projette une ombre…

Snorri joue presque quotidiennement à l’harmonium du Bach, du Mozart, du Chopin, mais aussi parfois des mélodies dissonantes, nées de la douleur et de la culpabilité. La musique n’a pas son pareil. Elle est la pluie qui arrose le désert, le soleil radieux qui illumine les coeurs, elle est la nuit qui console. »

Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson

 

…jour, 149

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Louise Bourgeois, mood board

La revue singulière Le Jour Dénudé fête ses 4 ans aujourd’hui.

Merci à vous tous qui passez par ici, par hasard, par envie, par curiosité, par inspiration.

…le premier livre pauvre, premier livre nu, premier livre d’artiste est en préparation dans la maison d’alfée…

à suivre

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