…le geste nu, 8

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© H. Watanabe

The song of wandering Aengus

« 

J’allai jusqu’au bois de noisetier

poussé par un feu dans mon cœur

Je taillai une ligne de noisetier

Et pendis une baie à mon fil

Et quand les phalènes reprirent leur vol

Et les étoiles filantes leurs sauts

Je plongeai la baie dans le torrent

Jusqu’à y prendre une truite d’argent

Quand je l’eus posée là par terre

J’allai pour remettre le feu en flammes

Mais quelque chose bruissait là par terre

Et quelqu’un appela mon nom :

Ce fut soudain une pétillante fille

Des fleurs de pommier aux cheveux

Qui appela mon nom puis s’en fut

Disparut dans les brumes de l’aube

Or bien que vieilli de voyages

Par basse terres et hautes terres

Je trouverai où elle se cache

J’aurai ses lèvres prendrai ses mains

Et j’irai le long des longues herbes mures

Cueillant jusqu’au bout du temps et des temps

Les pommes d’argent de la lune

Les pommes dorées du soleil

. »

La chanson du voyageur Aengus, William Butler Yeats

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© écriture de poète, manuscrit WBY

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A propos le jour dénudé

…Entre nuit & jour, une matière brute, un peu d'éclat & quelques plumes : le jour dénudé, une revue nue et singulière au fil des heures, petits détails infimes sortant de l'ombre. Il y a le jour dénudé, le journal & son travail d'écriture. Il y a aussi quelques thèmes. Parce qu'ici nous avons des lubies, on cherche, on tâtonne, on écoute les résonances, entre le sonore et l'insonore, dans l'espoir jamais tari de nouvelles contributions croisées (de l’œil, des sens, une idée). Direction artistique & crédits photographiques (sauf mention autre) : Agathe Elieva